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De Londres à Saint-Pétersbourg : Carl Friedrich Tieman (1743-1802) – Aux carrefours des courants illuministes et maçonniques

(Nouveau livre, publié en avril 2018)

Antoine-Faivre-de-londres-a-saint-petersbourg-carl-friedrich-tiemanAttachante figure de l’Illuminisme et de la Franc-Maçonnerie dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, Tieman est compagnon de route, colporteur de nouvelles, émissaire, intermédiaire, voyageur à la curiosité toujours en éveil, épistolier à la plume – tant française qu’allemande – élégante et féconde. Suivre cet itinérant à l’esprit cosmopolite nous fait parcourir une galerie de personnages, les uns peu connus, d’autres qui le sont davantage mais que nous retrouvons en retouchant du même coup l’image que nous nous étions faite d’eux et de leurs entours.

Né non loin de Berlin dans une famille imprégnée de spiritualité piétiste, et dès l’adolescence sujet d’expériences visionnaires, il poursuit à l’université de Wittenberg des études historiques et philologiques poussées. Puis, très apprécié par l’Impératrice Catherine II, il exerce pendant de nombreuses années l’activité de « gouverneur » — tuteur chargé d’accompagner de jeunes nobles russes dans leur « Grand Tour » ou voyage de formation. Les longs déplacements que cela implique favorisent son insertion dans un espace de circulation et de sociabilité qui englobe la Franc-Maçonnerie proprement dite et ses satellites ou dérivés de type néo-rosicrucien ou swedenborgien, ainsi que certains lieux d’élection du magnétisme animal.

En phase avec la culture et la mobilité des élites d’alors, cet espace est structuré en réseaux que constituent tant les messages échangés entre membres dispersés aux quatre coins de l’Europe, que des instances institutionnelles (loges, Obédiences, Systèmes ou Ordres para- ou péri-maçonniques).

Circuler, comme Tieman, d’une instance à l’autre – les « visiter » – contribue à dynamiser une vaste nébuleuse qui se déploie de façon réticulaire. Comme placé d’emblée au sein de deux principaux « bureaux de correspondance » rivaux (l’un, à Lyon, autour de loge La Bienfaisance ; l’autre, à Paris, autour de celle des Amis Réunis), cet ami intime de Louis-Claude de Saint-Martin sillonne l’Europe en tous sens — un de ses longs séjours en Russie étant, notamment, marqué par son rôle dans l’organisation du Régime Écossais Rectifié à Saint-Pétersbourg.

Le présent travail repose, pour l’essentiel, sur des matériaux (principalement en français, allemand et russe) tirés de Fonds d’archives dispersés à travers le Continent. On trouve donc ici, transcrits et commentés, jusqu’alors inédits dans leur grande majorité, tant ses riches échanges épistolaires — avec, en particulier, Jean-Baptiste Willermoz, Savalette de Langes, Johann Caspar Lavater, César de La Harpe, Frédérique Sophie Dorothée de Wurtemberg — que nombre de documents portant sur ses rapports avec des contemporains, dont Johann Georg Hamann et certaines des principales figures de l’IIluminisme russe. Se trouvent ainsi revisités divers aspects de la vie associative (sociétés initiatiques, courants ésotériques) et de la sensibilité préromantique dans les dernières décennies de l’ère des Lumières.

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« Une figure ambiguë et controversée de l’Illuminisme parisien : J. Touzay-Du Chenteau (1741-1788) »

Dans la revue Renaissance Traditionnelle – Revue d’Études maçonniques et symboliques, nr. 190-191, , p. 74-110 (avril-juillet 2018) consacré à Franc-Maçonnerie et Illuminisme au XVIIIe siècle  (Roger Dachez, Pierre Mollier, Pierre Paoloni, & Jacques Rondat, éds.).

Extrait de l’édito de la revue :

Antoine Faivre nous propose d’abord un très beau dossier sur une personnalité célèbre, dans notre domaine, mais finalement mal connue : Touzay-Du Chenteau, l’auteur de l’extraordinaire Carte Philosophique. Ces quatre grandes planches ésotériques – de près d’un mètre sur quatre-vingts centimètres ! – sont certainement l’une des productions les plus curieuses de l’illuminisme du XVIIIe siècle. Nous avons montré que le Souverain Chapitre Métropolitainen conservait précieusement les cuivres. Le Philalèthe Savalette de Langes présentait Du Chenteau comme son premier Maître.

Site de la revue